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Haut-commissariat à la diversité

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 14 janvier 2026 — question n°8

administration publique

Mme la présidente

La parole est à Mme Hanane Mansouri.

Mme Hanane Mansouri

Alors que nos finances publiques sont à sec, que les Français voient leurs services publics reculer et leur pouvoir d’achat s’éroder, Emmanuel Macron semble n’avoir qu’une obsession : créer toujours plus de structures et toujours plus de postes payés par l’argent des Français.

Son dernier éclair de génie : la création d’un haut-commissariat à la diversité et aux diasporas. Comme si l’État français ne comptait pas déjà une myriade d’agences et de hauts-commissariats aux copains. Comme si l’Assemblée nationale n’avait pas, il y a quelques semaines à peine, voté en commission la suppression du haut-commissariat à la stratégie et au plan – structure ensuite rétablie pour recaser les oubliés. Car ne soyons pas naïfs, derrière ce nouveau haut-commissariat se dessine une logique bien connue, celle du recyclage politique, du copinage, des arrangements de fin de règne. À un an de la fin de cette longue et interminable décennie macronienne, le président semble vouloir remercier ses collègues d’hier et d’aujourd’hui, en l’occurrence les anciennes ministres de gauche, Mmes Taubira et Vallaud-Belkacem. Ces dernières, par le biais de MM. Faure et Vallaud, maintiennent en vie le gouvernement, pendant que les Français, eux, se serrent la ceinture.

La France est malade des cadeaux politiques, des postes de façade. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Elle a besoin de sérieux budgétaire, de transmission culturelle, de réaffirmation de son histoire et de ses valeurs. Elle a besoin d’un État qui assume ses missions régaliennes, pas d’une nouvelle agence déconstructionniste et victimaire, qui produirait des rapports pour dire aux Français qu’il n’y a pas de culture française, ou encore qu’il faut mettre en place des quotas de diversité partout et des Blancs nulle part.

M. Arthur Delaporte

Qu’est-ce que vous racontez ?

Mme Hanane Mansouri

Les Français ne sont ni dupes ni aveugles. Ils voient ces manœuvres et ils les sanctionneront démocratiquement lors des prochaines élections municipales. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Erwan Balanant

Quelle est la question ?

Mme Hanane Mansouri

Alors que les Français n’en peuvent plus du gaspillage budgétaire et que notre pays manque cruellement d’unité, quel message accompagne la création de cette nouvelle agence destinée à pointer nos différences plutôt que de construire le grand rassemblement national ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Mme Marie Mesmeur

C’est du racisme !

Mme la présidente

La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères

Vous auriez dû me passer un coup de fil avant cette séance, madame la députée, vous auriez pu ainsi économiser une question, et nous aurions pu aborder d’autres sujets. En effet, le projet de création d’un tel haut-commissariat n’existe pas, ni dans l’esprit du président de la République, ni dans celui du premier ministre, ni dans le mien.

M. Xavier Breton

Nous voilà rassurés !

M. Michel Herbillon

Alors pourquoi a-t-il été annoncé ?

M. Jean-Noël Barrot, ministre

Il ne correspond pas à notre conception de l’action publique, qui doit être universaliste et républicaine. Nous récusons les politiques publiques qui séparent et assignent.

De plus, nous ne pourrions que réserver un accueil très tiède, sinon très froid, à un tel projet, tel que vous le présentez. D’abord parce qu’il serait superflu, pour ce qui concerne les diasporas présentes en France, puisque mon ministère, en lien avec le ministère de l’intérieur, entretient déjà des relations très étroites avec elles et les pays dont elles sont issues. Un tel projet serait ensuite contraire à l’ambition du premier ministre de simplifier notre organisation administrative – simplification à laquelle votre collègue Blandine Brocard faisait référence et à laquelle l’ensemble des ministères sont pleinement attachés. (Mme Blandine Brocard et M. Xavier Breton applaudissent.)

M. Xavier Breton

Nous sommes soulagés !