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Sans-abri

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 13 janvier 2026 — question n°3

Mme la présidente

La parole est à Mme Anaïs Belouassa-Cherifi.

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi

La France vient de traverser une nouvelle vague de froid intense. Sans aucune anticipation, des plans Grand Froid ont été déclenchés dans l’urgence et sont restés insuffisants pour accueillir toutes les personnes qui en avaient le besoin et le droit. L’État a ainsi sciemment opéré un tri en forçant des familles et des enfants à s’abriter dans des écoles désaffectées… (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Mme Marie Mesmeur

La honte !

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi

…et des mineurs isolés à dormir dans des tentes. Or si l’État ne garantit plus le droit au logement, il trahit la République. Encore une fois, la Macronie n’a rien fait pour loger l’ensemble des personnes sans-abri de notre pays. La situation actuelle, c’est votre bilan, votre responsabilité et vos choix politiques. (Mêmes mouvements.) La semaine dernière, le ministre du logement a répondu à mon collègue Emmanuel Fernandes que s’il voulait que la situation s’améliore, il n’avait qu’à voter le budget. Mais quel budget ? Un budget qui baisse de 6 % sur la question du logement,…

Mme Marie Mesmeur

La honte !

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi

…un budget qui saigne les associations qui prennent soin des personnes qui en ont le plus besoin,…

Mme Marie Mesmeur

Exactement !

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi

…en somme, un budget qui abandonne ceux qui ont besoin d’aide et qui met les plus riches à l’abri. (Mêmes mouvements.)

Comment justifier votre action quand plus de 2 200 enfants dorment à la rue chaque nuit ? Comment se fait-il que cela ne suscite pas même un brin d’indignation dans vos rangs ? Vous refusez d’agir. Les préfets peuvent pourtant réquisitionner les logements vacants, et la France en compte plus de 1 million depuis plus de deux ans. Il faut réquisitionner tous les logements vacants de notre pays pour sauver des vies. (Mêmes mouvements.) Entre discours et réalités, quand ordonnerez-vous ces réquisitions aux préfets ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)

Mme Anne Stambach-Terrenoir

Bravo !

Mme la présidente

La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur

Le ministre du logement étant retenu au Sénat, je répondrai à votre question d’autant plus volontiers que les préfets se sont engagés pendant cette vague de grand froid d’une précocité et d’une durée exceptionnelles. Les 4, 5 et 6 janvier ont en effet été marqués à l’échelle nationale par trois journées et trois nuits consécutives de températures négatives, ce que nous n’avions pas observé depuis février 2018.

Cet épisode, inédit par son intensité, sa persistance et son étendue géographique, a ainsi conduit quatre-vingt-cinq départements à activer le plan Grand Froid et à ouvrir, au plus fort de la crise, près de 8 000 places supplémentaires d’hébergement temporaire…

Mme Marie Mesmeur

Ce n’est pas suffisant !

M. Laurent Nuñez, ministre

…dont plus de la moitié en Île-de-France. Un effort significatif a donc été réalisé – sans compter l’élargissement des maraudes, le renforcement des capacités du 115 et l’extension des horaires de l’accueil de jour, qui a été fondamental. Vous me donnez l’occasion – plutôt que de demander des réquisitions alors qu’il existe un dispositif pour répondre à de telles urgences –…

Mme Marie Mesmeur

Non, justement !

M. Laurent Nuñez, ministre

…de saluer et de remercier, au nom du gouvernement, la mobilisation exceptionnelle des services de l’État, des collectivités locales et des associations, qui, par leur précieux concours et leur engagement, nous ont permis de répondre à l’urgence, de protéger les plus vulnérables et de faire vivre concrètement les valeurs de solidarité et de responsabilité qui fondent notre République.

Mme Marie Mesmeur

Honte à vous !

M. Laurent Nuñez, ministre

Je rappelle enfin que nous ouvrons 203 000 places d’hébergement d’urgence chaque année pour plus de 3 milliards d’euros et qu’il nous faut un budget pour poursuivre cet effort !

Mme Ségolène Amiot

Vous laissez pourtant tellement de personnes à la rue !

Mme la présidente

La parole est à Mme Anaïs Belouassa-Cherifi.

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi

Malgré vos justifications, la réalité est là : dans notre pays, des gens meurent dans la rue. Votre responsabilité provoquera votre chute : demain, nous vous censurons ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)