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Industrie automobile

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 17 décembre 2025 — question n°11

Union Européenne industrie automobile véhicules électriques

Mme la présidente

La parole est à M. Éric Michoux.

M. Éric Michoux

Ma question s’adresse à M. le premier ministre. Je veux porter ici la colère des 330 000 salariés de la filière automobile française et d’une industrie qui se meurt de faire allégeance au pacte vert pour l’Europe – une escroquerie environnementale.

Le 23 octobre, Emmanuel Macron a très clairement réaffirmé sa position contre l’automobile thermique et, à nouveau, a prêté allégeance au pouvoir technocratique européen. En réalité, il n’aime ni l’industrie française ni la France. Je crois tout simplement qu’il n’aime pas les Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur divers bancs.)

Mme Blandine Brocard

Oh là là !…

M. Éric Michoux

Pourtant, l’industrie automobile est la colonne vertébrale des industries de toutes les puissances mondiales. Avec elle se développent l’électronique, la robotique, la métallurgie, les filières de services et l’IA. Sans elle, pas de sidérurgie, pas d’acier, et, par conséquent, pas de canons, pas d’industrie de défense et plus de souveraineté.

Avec le pacte vert pour l’Europe, Bruxelles organise méticuleusement le grand remplacement des véhicules thermiques français par des véhicules électriques chinois ! Son sinistre cortège est aussi composé de batteries chinoises, d’électronique chinoise, de panneaux photovoltaïques chinois, d’éoliennes chinoises, d’onduleurs chinois.

M. Jean-François Rousset

Mais d’électricité française !

M. Éric Michoux

Concrètement, c’est le grand remplacement de l’industrie française par l’industrie chinoise ! (M. René Pilato s’exclame.) La traîtrise !

M. Pierre Pribetich

M. Michoux, toujours dans la mesure !

M. Éric Michoux

Monsieur le premier ministre, aurez-vous le courage de suivre l’exemple de l’Allemagne et de réunir les professionnels pour éviter le crash programmé de notre industrie ?

Mme la présidente

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique.

Mme Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique

Monsieur le député, je réponds en lieu et place de mon collègue Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’industrie, sur le paquet automobile européen. La Commission européenne a présenté un accord que nous trouvons équilibré et fidèle à la ligne française. (Exclamations sur quelques bancs des groupes UDR et RN.)

M. Hervé de Lépinau

C’est trop tard !

M. Alexandre Loubet

Vous étiez pourtant contre !

Mme Anne Le Hénanff, ministre déléguée

Son but est de nous permettre de mener à bien la transition écologique sans sacrifier l’industrie européenne. Par quels moyens ? Il s’agit à la fois de soutenir l’industrie et l’emploi automobiles européens et de respecter le cap climatique que nous nous sommes engagés à tenir. En l’état, ce cap climatique est maintenu, et il est crédible.

Contrairement à ce que vous sous-entendez, ce paquet automobile européen introduit la préférence européenne – notamment par l’introduction du critère Fabriqué en Europe, notre nouvelle règle de conduite. (Exclamations sur les bancs des groupes UDR et RN.)

M. Alexandre Loubet

Fabriqué en Europe de l’Est, plutôt !

Mme Anne Le Hénanff, ministre déléguée

Cette préférence européenne sera mise en œuvre par le conditionnement des aides publiques. À partir de 2028, celles-ci favoriseront l’électrification du parc automobile, à hauteur de 60 % des flottes professionnelles des grandes entreprises, des petits véhicules et des batteries.

Ce paquet automobile européen n’est qu’une première étape. Nous irons encore plus loin : la France s’est fortement engagée dans ce combat. Nous saluons l’équilibre global qui a finalement été trouvé – entre l’ambition affirmée d’électrifier et la souplesse à introduire pour ne pas pénaliser les industries française et européenne. Concernant cette flexibilité envisagée jusqu’en 2035, la France salue la mise en œuvre de la logique de compensation, qui nous permettra de préserver la trajectoire climatique que nous nous sommes collectivement fixée. Nous veillerons tout particulièrement au respect de cette trajectoire.

Mme la présidente

La parole est à M. Éric Michoux.

M. Éric Michoux

Merci madame la ministre. Si vous faites référence aux accords conclus hier, je vous encourage à demander à vos services de les lire ! Ces faux accords posent en réalité de telles contraintes pour les voitures thermiques qu’on ne pourra pas en produire davantage qu’aujourd’hui ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)