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Dermatose nodulaire contagieuse

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 16 décembre 2025 — question n°8

épidémies animales

Mme la présidente

La parole est à Mme Marie Pochon.

Mme Marie Pochon

En janvier 2024, Gérald Darmanin appelait les forces de l’ordre à la « modération » face à la colère agricole. Deux ans plus tard, deux poids, deux mesures. Je voudrais ici exprimer mon soutien à tous les éleveurs touchés par la DNC, à leurs familles ainsi qu’aux personnels vétérinaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Nous ne faisons pas face à une simple crise sanitaire, mais à des drames humains, sociaux, économiques.

Depuis juin, 113 foyers ont été détectés, 3 300 bovins ont été abattus. Des éleveurs ont vu disparaître en quelques heures le travail de toute une vie, parfois de plusieurs générations. Après avoir été notifiés du jour au lendemain de l’abattage de leur troupeau, ils sont gazés, réprimés. C’est une réponse brutale et disproportionnée.

Aux éleveurs esseulés, madame la ministre, vous avez répondu la semaine dernière par une proposition de réunion en visioconférence avant d’accepter, finalement, un déplacement sur le terrain.

Cela fait six mois que l’urgence est à la vaccination. Pourtant, nous n’avons toujours pas assez de doses. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) . Pourtant, l’abattage massif continue, couplé à une répression sans nom. Tout arrive toujours trop tard, alors même que les épizooties vont exploser du fait de votre inaction climatique et de votre soutien à l’industrialisation de l’élevage, tout cela pour protéger nos exportations. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Depuis plus de deux ans, la colère gronde dans les campagnes : surendettement, concurrence déloyale, explosion de la fièvre catarrhale ovine, de la salmonelle, de la DNC, revenus en berne, mal-être… Alors que nous demandons la juste rémunération et l’accompagnement à la transition, votre seule réponse sont des lois propesticides et la signature de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, qui permettra l’importation de 100 000 tonnes de viande bovine.

Mme Danielle Simonnet

Quelle honte !

Mme Marie Pochon

Madame la ministre de l’agriculture, c’est l’ensemble de la politique agricole qui dysfonctionne. Écouterez-vous les éleveurs au lieu de les réprimer ? Renoncerez-vous à fiscaliser leurs indemnités ? Surtout, quand sortirez-vous enfin de la gestion de crise permanente, qui épuise les éleveurs, au profit d’un élevage robuste, nourricier, affranchi des contraintes imposées par les traités de libre-échange ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

Mme la présidente

La parole est à Mme la ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire.

Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire

Madame la députée, vous êtes une des spécialistes de votre groupe sur les questions agricoles. Nous avons eu de nombreux échanges lors de l’examen des textes qui les concernent et je sais que vous y portez un intérêt sincère. Une chose au moins nous rassemble, madame la députée, ainsi qu’avec tous les députés issus de tous les bancs : vous avez tous commencé vos interventions en apportant votre soutien aux éleveurs, et nous nous accordons sur la solidarité nationale à leur égard. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR. – Mme Stella Dupont applaudit également.) Dans un monde si fracturé, peu de causes nous rassemblent autant.

Vous avez évoqué les éleveurs qui malheureusement ont perdu leurs troupeaux ; 3 300 bêtes, tel est en effet le bilan des abattages dans tous les foyers apparus en France depuis le 29 juin.

Mme Christine Arrighi

Où sont les vaccins ?

Mme Annie Genevard, ministre

Certes, 3 300 bêtes ont perdu la vie, mais pour en sauver 16 millions. C’est cela, l’enjeu !

Mme Sophia Chikirou

Ce n’est pas la question ! Avons-nous les vaccins ou non ?

Mme Annie Genevard, ministre

Vous évoquez aussi la question de l’industrialisation de l’élevage, mais je ne sais pas dans quelle France vous vivez ! Je visite des fermes plusieurs fois par semaine et je ne vois pas d’industrie de l’élevage. Il est vrai qu’il y a de petits et de gros élevages,…

Mme Cyrielle Chatelain

De très gros, même !

Mme Annie Genevard, ministre

…comme celui que j’ai visité hier en Occitanie. Vous évoquez le revenu des agriculteurs, mais si nous ne parvenions pas à lutter efficacement contre une épizootie comme celle-ci, les marchés se fermeraient, et toutes les fermes pourraient être touchées, les petites comme les plus importantes. Le revenu de tous les éleveurs peut être affecté – il faut bien en prendre la mesure.

Mme Marie Pochon

Et la défiscalisation des indemnités ?

Mme Annie Genevard, ministre

Il faut donc prendre les bonnes mesures sur les plans sanitaire, humain et économique – il n’est pas indécent de poser la question de l’économie agricole. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Mme Léa Balage El Mariky

Où sont les vaccins ?

Mme Sophia Chikirou

Vous ne répondez pas à la question !