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Qualité de l’eau et pesticides

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 15 octobre 2024 — question n°10

gestion de l’eau pesticides

Mme la présidente

La parole est à M. Jean-Claude Raux.

M. Jean-Claude Raux

Combien de fois avons-nous entendu : « il faut reconquérir la qualité de l’eau » ? Pourtant, notre bien commun est contaminé sans que nous ne puissions mesurer ni l’ampleur de cette pollution ni ses conséquences.

Combien de plans, de programmes, de contrats, de dizaines de milliards pour ne jamais atteindre les objectifs de réduction des pesticides ?

M. Pierre Cordier

Tu exagères ! (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.)

M. Jean-Claude Raux

Combien faudra-t-il de cancers pédiatriques dans la plaine d’Aunis, à Sainte-Pazanne ou ailleurs ? Combien de cancers du sang, de la prostate, de maladies de Parkinson chez nos agriculteurs ? Combien de combats comme celui de Laure, fleuriste, maman d’Emmy morte à 11 ans d’une leucémie ? Combien de temps avant que nous cessions de nous voiler la face et protégions, enfin, notre santé et celle de nos enfants ?

Certes, on ne trouve pas ce qu’on ne cherche pas. En revanche, des études révèlent la présence de pesticides, parfois interdits depuis des décennies, dans les urines et les cheveux des enfants ou des traces de pesticides dans les selles des bébés qui viennent de naître.

Que font les autorités sanitaires ? Elles évaluent les risques, classent les métabolites pertinents, surveillent, cherchent – mais pas assez – sans coordination et, souvent, trop tard. Enfin, parfois, elles n’ont d’autre choix que de fermer brusquement des captages d’eau.

L’étude de Générations futures, présentée ce mardi, alerte : cinquante-six métabolites, dont une douzaine sont omniprésents et à risque avéré, comme l’acide trifluoroacétique ou la diisopropylamine, ne font l’objet d’aucun suivi. J’insiste : ils ne font pas l’objet du moindre suivi.

Pour respecter le principe de précaution, pour garantir une eau potable de qualité, pour la santé publique, soutiendrez-vous, madame la ministre, ma proposition de loi visant à interdire les pesticides sur les aires d’alimentation des captages d’eau ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC, dont quelques députés se lèvent, ainsi que sur les bancs du groupe LFI -NFP.)

Mme la présidente

La parole est à Mme la ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt.

Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt

Vous évoquez un sujet sensible qui a toute son importance. L’étude dont vous parlez est une étude locale menée notamment par des parents à la suite de la survenance accrue de cancers pédiatriques dans la zone concernée.

Toutes les alertes doivent être prises au sérieux, particulièrement quand elles concernent les enfants – les parents que nous sommes ne peuvent y être indifférents.

Il faut documenter le problème de manière scientifique, et précise : quel est le niveau des résidus ? Dépassent-ils les limites autorisées ?

Mme Sandra Regol

Des enfants meurent !

Mme Annie Genevard, ministre

Il faut analyser les résultats locaux à la lumière des études nationales approfondies déjà menées afin de savoir de quoi l’on parle, d’établir les liens de cause à effet…

Mme Sandra Regol

Le lien est déjà prouvé !

Mme Annie Genevard, ministre

…et décider des bonnes réponses.

Il n’empêche, votre question est fondamentale parce qu’elle implique la santé humaine dont ma collègue, ministre de la santé et de l’accès aux soins, a la charge. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR. – Protestations sur les bancs du groupe EcoS.)