Soutien au peuple iranien
Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 11 février 2026 — question n°8
Mme la présidente
La parole est à Mme Ayda Hadizadeh.
Mme Ayda Hadizadeh
Ma question s’adresse au ministre des affaires étrangères. Hier, le régime iranien faisait la fête : pour célébrer l’anniversaire de la République islamique, il a tiré un feu d’artifice, à peine un mois après avoir tiré à balles réelles sur son peuple. Les morts sont-ils 30 000, 40 000 ? On ne le sait pas encore : des familles n’ont pas retrouvé leurs proches, les corps ne sont pas tous enterrés. Les prisons sont pleines à craquer de manifestants, mais aussi de soignants, de médecins. Leur seul crime : vouloir vivre libres, vivre dignes, vivre débarrassés des tyrans. (Applaudissements sur tous les bancs.) Hier, au crépitement du feu d’artifice, les Iraniens ont ouvert leurs fenêtres et crié dans la nuit : « Marg bar Khamenei ! Marg bar Dīktātor ! Mort à Khamenei, mort au dictateur ! »
Alors, au grand peuple d’Iran, je veux dire ceci, car j’en ai la certitude : le peuple français et nous, ses représentants, nous ne l’oublions pas, nous voyons sa peine, nous connaissons sa douleur et nous sommes debout, à ses côtés, plus que jamais ! (Tous les députés ainsi que Mme la présidente se lèvent et applaudissent longuement. – Les membres du gouvernement se lèvent aussi.)
Je remercie tous les Français qui m’ont écrit et qui m’ont demandé ce que nous pouvions faire pour le peuple d’Iran. L’histoire ne nous jugera pas sur l’intensité des émotions que nous avons ressenties, mais sur nos actes : que faisons-nous pour le grand peuple d’Iran ? Nous avons fait inscrire les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, et c’est un premier pas, mais il ne faut pas s’arrêter là. Donald Trump est assis à la table des négociations pour signer un accord avec les tyrans, ce qui représente pour eux une véritable assurance-vie. Que fait la France, que fait l’Europe pour aider l’Iran à se débarrasser des tyrans et permettre à son peuple de vivre enfin libre ? (Applaudissements sur tous les bancs.)
Mme la présidente
Merci pour votre engagement, chère collègue !
La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
Je vous remercie pour votre engagement indéfectible aux côtés du grand peuple d’Iran. Celui-ci doit en effet savoir que les Françaises et les Français saluent son courage et pleurent avec lui les morts qui, par dizaine de milliers, ont marqué la répression la plus violente et la plus sanglante de l’histoire contemporaine du pays.
Dans ce contexte, nous agissons selon trois priorités. La première est de soutenir le peuple iranien par tous les moyens dont nous disposons, en particulier en accueillant les opposants poursuivis par le régime qui sollicitent l’asile et le refuge en France. Nous allons accroître le nombre des visas humanitaires accordés au titre de l’asile pour ces profils que nous devons protéger. C’est notre responsabilité.
La deuxième priorité est évidemment de ne laisser aucun de ces actes de répression impuni. Vous l’avez rappelé, la France a soutenu l’inscription du corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne et nous avons désigné, pour être ciblés par des sanctions européennes, vingt et un responsables du régime – ministre de l’intérieur, procureur général, responsables régionaux du corps des gardiens de la révolution. Après les graves événements et la répression dans le sang qui ont suivi la révolte pacifique du peuple iranien, nous entendons poursuivre ce travail de lutte contre l’impunité. Nous exigeons en outre la fin de la répression, la libération des prisonniers, la cessation des exécutions et la possibilité, pour la mission d’établissement des faits des Nations unies, de venir sur place enquêter sur les crimes qui ont été commis.
La troisième priorité est la sécurité de nos emprises et de nos ressortissants. Je le dis aux familles de Cécile Kohler et de Jacques Paris : nous ne les oublions pas, nous exigeons la libération définitive de nos compatriotes et leur retour en France. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, SOC, DR, HOR et GDR.)