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Programmation pluriannuelle de l’énergie

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 10 février 2026 — question n°11

Mme la présidente

La parole est à M. Jérôme Nury.

M. Jérôme Nury

Monsieur le premier ministre, l’énergie est à proprement parler le carburant de notre économie : elle conditionne notre prospérité, notre compétitivité et notre souveraineté. La France ne peut plus se permettre ni l’approximation ni l’idéologie. Elle doit faire des choix fondés sur la science et sur l’intérêt national. Notre responsabilité est claire, a fortiori dans le contexte géopolitique instable et dangereux que nous connaissons : nous devons garantir aux Français comme aux entreprises une électricité décarbonée à un prix abordable.

S’agissant de la programmation énergétique, la construction annoncée de six réacteurs nucléaires va dans le bon sens après l’absurde fermeture de quatorze réacteurs envisagée en 2018. Toutefois, vous misez encore sur une électrification massive des usages d’ici quatre ans, ce qui relève du fantasme technocratique, alors même que la consommation électrique stagne depuis vingt ans, qu’elle est même en baisse depuis 2019 et que notre pays produit déjà trop d’électricité. Résultat : une surproduction et le stop and go qui dégrade nos centrales en les faisant vieillir prématurément et qui augmente le coût du nucléaire.

M. Thibault Bazin

Il a raison !

M. Jérôme Nury

Malheureusement, vous misez toujours sur le développement de l’éolien, au risque de fragiliser la stabilité du réseau et de faire exploser la facture des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Les subventions à l’éolien continuent donc de s’alourdir : + 358 % dans le projet de loi de finances, pour atteindre près de 2 milliards d’euros. Le contre-exemple allemand est révélateur : en tournant le dos au nucléaire au profit du tout-renouvelable, l’Allemagne a dû revenir au charbon, augmenter ses émissions de CO 2 et accroître sa dépendance au gaz russe.

Mme Dominique Voynet

N’importe quoi !

M. Jérôme Nury

Du même coup, elle a subi une hausse massive des prix de l’électricité.

Le gouvernement est-il prêt à résister aux lobbys de l’éolien, à relancer réellement la filière nucléaire et à adopter enfin une approche pragmatique pour l’énergie dans la prochaine PPE ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Mme la présidente

La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement.

M. Julien Odoul

Quel succès !

M. Laurent Jacobelli

C’est du stakhanovisme !

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement

Je partage l’essentiel de vos propos, mais une précision me semble nécessaire : l’objectif visé à l’horizon 2030 est 60 % d’énergie décarbonée et non 60 % d’énergie d’origine électrique. La PPE intègre à la fois le besoin d’électrification et le besoin de développement de la biomasse, laquelle a une place importante dans notre stratégie à l’horizon 2030, puis 2035. La PPE, je le rappelle, sera présentée jeudi.

Quant aux lobbys, nous sommes fermes à l’égard de tous, d’où qu’ils viennent.

Mme Julie Laernoes

C’est le gouvernement des lobbys !

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée

Ils ne sont pas présents uniquement dans le secteur des énergies renouvelables, vous le savez. Notre discours est clair et constant. Nous avons besoin du nucléaire et des énergies renouvelables.

M. Julien Odoul

De vraies énergies renouvelables, pas des énergies intermittentes !

M. Laurent Jacobelli

Quand est-ce que le gouvernement va être renouvelé, justement ?

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée

Il ne s’agit pas d’une position politicienne. Nous nous appuyons sur l’ensemble des travaux scientifiques qui ont été menés, sur ceux du Giec et de nombreux experts. (Mme Dominique Voynet s’exclame.) La consultation a duré plusieurs années et a associé les parlementaires, les différentes filières et les experts. Vous l’avez dit, nous devons avancer avec pragmatisme, sans idéologie, pour sortir des énergies fossiles le plus rapidement possible, car elles nous rendent dépendants de grandes puissances comme la Russie, l’Algérie et les États-Unis.