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Concert du 31 décembre à Paris

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 9 décembre 2025 — question n°5

Mme la présidente

La parole est à M. Olivier Fayssat.

M. Olivier Fayssat

Le concert prévu le 31 décembre sur les Champs-Élysées a été annulé, ou déprogrammé. Le groupe UDR et de nombreux Français se demandent pourquoi. Y a-t-il un lien avec le match de foot entre l’Algérie et la Guinée, qui a lieu le même jour ? Si ce match n’est pas en cause, les Français doivent-ils se préparer à ne plus pouvoir participer à de grandes fêtes populaires parce que l’État a perdu le contrôle de la rue ? En arriver à renoncer à des festivités par peur est un indicateur de la panique d’un pouvoir désarmé, submergé.

Après les graves incidents du 31 décembre 2024, la solution retenue serait-elle de punir toute la classe, toujours à cause des mêmes ? Pendant qu’à Lyon, des groupes ecoterroristes affichent sur les bâtiments publics « la police tue », pendant qu’à Marseille, un candidat aux élections crie ce même slogan sur scène (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) , nous voyons la police reculer, à votre demande.

Sachez que les Français n’attendent pas d’un ministre de l’intérieur qu’il dissimule le danger en annulant des événements, mais qu’il les sécurise, qu’il arrête les pillards au lieu de confiner les honnêtes gens. Je suis certain que vous ne manquerez pas de souhaiter une bonne année à tous les Français dès le 1 er janvier. Or chaque année est pire que la précédente, et moins pire que la suivante. Souhaiter, c’est bien, agir, c’est mieux. Pouvez-vous garantir à la représentation nationale que le concert du 31 décembre aura bien lieu ? Êtes-vous en mesure d’assurer la sécurité des Français et du nouvel an, à Paris comme ailleurs ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Mme la présidente

La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur

Je vous remercie de me permettre de rectifier des inexactitudes répandues de manière éhontée par les médias et par vous-même.

Pardonnez-moi, mais je n’ai pas constaté d’incidents le 31 décembre 2024 sur les Champs-Élysées ! Le concert qui s’y tenait s’est très bien passé. Nous l’avons sécurisé, comme nous savons le faire pour tous les grands événements du pays. Nous sortions alors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, un grand succès qui nous a permis de démontrer notre savoir-faire, observé et envié partout dans le monde – sauf par vous, manifestement ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe EcoS. – Mme Justine Gruet et M. Ian Boucard applaudissent également.)

M. Erwan Balanant

Ils n’aiment pas la France !

M. Laurent Nuñez, ministre

Que s’est-il passé, ce 31 décembre 2024 ? Nous avons dû extraire de très nombreuses personnes en raison de mouvements de foule – beaucoup de spectateurs se dirigeaient vers le haut des Champs-Élysées pour être au plus près de l’estrade. La réaction du préfet de police de l’époque, qui se tient aujourd’hui devant vous, fut d’écrire immédiatement à Mme Hidalgo, la maire de Paris, pour lui indiquer que les Champs-Élysées ne se prêtaient pas à l’organisation d’un tel événement et que le concert n’aurait pas lieu l’année suivante – à cause des mouvements de foule qu’il peut induire, et uniquement pour cette raison ! Nous avons maintes fois démontré que nous savions sécuriser les grands événements sur cette avenue. Ce n’est pas la police qui recule, c’est le ministre de l’intérieur et le préfet de police qui prennent, en responsabilité,…

Plusieurs députés du groupe RN

Le mot magique !

M. Laurent Nuñez, ministre

…une décision visant à éviter des drames. Vous seriez d’ailleurs les premiers à me critiquer si je laissais un concert se tenir et que des personnes étaient écrasées par des mouvements de foule ! (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOC et LIOT.) Arrêtez de répandre des contrevérités. Nous sommes un pays d’ordre public : nous démontrons tous les jours que nos forces de sécurité intérieure non seulement ne tuent pas mais qu’elles savent le maintenir ! (Mêmes mouvements. – Mme Marie Pochon applaudit également.)