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Formation des enseignants

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 8 avril 2025 — question n°12

manque de personnels enseignants ?

Mme la présidente

La parole est à M. Laurent Croizier.

M. Laurent Croizier

Ma question s’adresse à madame la ministre de l’éducation nationale. Longtemps perçu comme une vocation, le métier d’enseignant attire de moins en moins de candidats. Le faible niveau de rémunération, eu égard au niveau d’étude et aux responsabilités, ainsi que l’absence de reconnaissance sociale et morale, parfois même institutionnelle, participent au manque d’attractivité du métier d’enseignant.

Plusieurs députés du groupe RN

C’est votre bilan !

M. Laurent Croizier

C’est pourtant l’un des plus beaux métiers du monde. La chute des inscriptions aux concours témoigne d’une crise structurelle. En vingt-cinq ans, le nombre d’inscriptions au Capes s’est effondré de près de trois quarts.

Mme Caroline Parmentier

La faute au « pas de vagues » !

M. Laurent Croizier

Plus de 3 000 postes sont restés non pourvus aux concours en 2024. Le manque de professeurs est devenu systémique et l’enseignant que je suis ne peut s’y résoudre.

M. Laurent Jacobelli

Et hop, une conférence !

M. Laurent Croizier

Le groupe Les Démocrates se réjouit que le premier ministre François Bayrou ait placé l’école, la transmission des savoirs et la formation des enseignants au premier rang des priorités du gouvernement.

Mme Caroline Parmentier

Tu parles !

M. Laurent Croizier

Il est urgent d’élever le niveau de l’école et de répondre à la crise d’attractivité du métier d’enseignant. Nous saluons les récentes annonces de Mme la ministre de l’éducation nationale, qui vont dans le sens des propositions portées par notre groupe.

Nous faisons un constat identique concernant le positionnement du concours d’enseignant à bac + 5. La mastérisation a considérablement réduit le nombre de candidats aux concours. De plus, elle a éloigné la formation des réalités du terrain.

Nous sommes convaincus qu’on n’apprend à devenir enseignant ni dans un amphithéâtre ni à l’université, mais dans les écoles, dans les classes, au contact des élèves et des professeurs expérimentés. Nous avons besoin d’enseignants qui soient en confiance, bien formés et mieux accompagnés,…

Mme Caroline Parmentier

Et protégés !

M. Laurent Croizier

…pour bâtir une école de la réussite.

Pouvez-vous décliner votre plan d’action pour rendre le métier d’enseignant plus attractif, mieux préparer les futurs professeurs des écoles, conserver une diversité de profils et élever le niveau de l’école ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR.)

Mme la présidente

La parole est à M. le ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche.

M. Philippe Baptiste, ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche

Nous constatons que le positionnement du concours à bac + 5 a considérablement réduit le vivier de candidats : nous en avons perdu 45 % au concours de professeurs des écoles. Sur 16 000 postes ouverts, près de 3 000 sont restés vacants en 2024. Parallèlement, le niveau des élèves reste préoccupant.

Les évaluations Pisa et Timss le confirment : en compréhension écrite, la part des élèves en difficulté est passée de 15 à 25 %, tandis qu’en mathématiques, la France est dernière de l’OCDE au CM1 et avant-dernière en classe de quatrième.

M. Thierry Tesson

Sept ans de pouvoir !

M. Philippe Baptiste, ministre

C’est pourquoi, avec le premier ministre François Bayrou et la ministre d’État Élisabeth Borne, nous avons lancé une réforme d’ampleur de la formation et du recrutement des enseignants. Cette réforme repose sur trois piliers simples. Le premier est l’ouverture d’une licence dédiée au professorat des écoles, accessible dès le baccalauréat, à la rentrée 2026, avec une exigence forte sur les savoirs fondamentaux.

Le deuxième est le repositionnement du concours à bac + 3, afin d’élargir le vivier des candidats. Le troisième pilier consiste en deux années de master rémunérées, en alternance. Les étudiants seront élèves fonctionnaires et s’engageront à servir l’éducation nationale pendant au moins quatre ans.

Mme Émilie Bonnivard

Rendez-nous Patrick Hetzel ! (Sourires.)

M. Philippe Baptiste, ministre

Pour cela, nous avons mené une concertation avec les syndicats sur les parcours professionnels, la formation continue et la reconnaissance en milieu de carrière. Ces mesures me semblent être à la hauteur de l’enjeu, qui est simple : pouvoir donner une chance à tous les élèves de la République, partout sur le territoire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)