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Violences à Notre-Dame de Bétharram

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 12 février 2025 — question n°11

Affaire Notre-Dame de Bétharram

Mme la présidente

La parole est à M. Arnaud Bonnet.

M. Arnaud Bonnet

Monsieur le premier ministre, hier, vous répondiez encore ; aujourd’hui, vous ne répondez même plus. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Selon Mediapart, vous avez menti hier, devant l’Assemblée, en prétendant ne pas avoir eu connaissance des crimes commis sur les enfants de l’établissement Notre-Dame de Bétharram.

Nous, députés du groupe Écologiste et social, apportons notre soutien aux victimes et nous les croyons. (Mêmes mouvements.)

M. Sébastien Chenu

Accélère !

M. Arnaud Bonnet

D’après l’article paru hier soir, vous auriez choisi l’omerta et la politique de l’entre-soi au prix de la protection des enfants.

Vous avez été ministre de l’éducation nationale, président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques…

M. Alexandre Dufosset

On a compris !

M. Arnaud Bonnet

…et maire de Pau ; vous disposiez de tous les leviers pour protéger ces enfants et vous auriez choisi de ne pas le faire.

M. Alexandre Dufosset

On a arrêté de suivre !

M. Arnaud Bonnet

Toujours selon cet article, vous auriez été alerté par des victimes, par des parents, par des enseignants, et vous auriez choisi à chaque fois de garder le silence sur ces crimes.

Ces enfants ne sont malheureusement pas les seuls. Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, soit un toutes les trois minutes. Il s’agit d’un problème structurel dans notre société.

Mme Émilie Bonnivard

Il aurait fallu voter l’imprescriptibilité des violences sexuelles commises sur des mineurs !

M. Arnaud Bonnet

Monsieur le premier ministre, vous nous devez des réponses claires. Si vous avez volontairement gardé le silence sur ces agissements, alors vous devrez démissionner. (Les députés des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC se lèvent et applaudissent. – M. Nicolas Sansu applaudit également.)

Mme la présidente

La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.

M. François Bayrou, premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique

Dès lors que ce serait au service de la polémique, on serait autorisé à tout dire et à défendre n’importe quel argument.

Mme Karen Erodi

Il ne s’agit pas de polémiques !

M. François Bayrou, premier ministre

Je l’ai dit hier,…

Mme Sarah Legrain

Vous avez menti hier !

M. Ugo Bernalicis

Vous allez encore mentir ?

M. François Bayrou, premier ministre

…mais à l’époque des faits, je n’ai jamais été averti des agissements qui ont donné lieu aux signalements et aux plaintes. (M. Antoine Léaument s’exclame.)

M. Nicolas Forissier

Tais-toi Léaument !

M. François Bayrou, premier ministre

La lettre à laquelle vous faites allusion date d’avril 2024, alors que les faits en question remontent aux années 1990. J’affirme que je n’ai pas eu la moindre information, sinon, comme je l’ai déjà dit, croyez-vous vraiment que nous aurions scolarisé nos enfants dans un établissement sur lequel pesaient de tels soupçons ?

Mme Julie Laernoes

Vous vouliez protéger l’enseignement privé !

M. François Bayrou, premier ministre

Je récuse les polémiques artificielles sur ce sujet. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)