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Effectifs de police à Marseille

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 22 octobre 2024 — question n°1

Marseille ?

Mme la présidente

La parole est à M. Franck Allisio.

M. Franck Allisio

Dans un rapport rendu public hier par la Cour des comptes, nous apprenons que Marseille, deuxième ville de France, « aux enjeux sécuritaires hors norme », comme l’indiquent les magistrats, compte moins de policiers aujourd’hui qu’en 2016, à la veille de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.

Pire, les magistrats précisent que « Le différentiel entre entrées et sorties au sein des effectifs marseillais fait apparaître une nette dégradation du nombre de policiers affectés à Marseille entre 2016 et 2020, toutes filières confondues », période durant laquelle le Premier ministre s’appelait Édouard Philippe et le ministre de l’intérieur Christophe Castaner.

M. Pierre Cordier

Qu’est-il devenu ?

M. Franck Allisio

Et, bien sûr, le président était déjà Emmanuel Macron.

Alors que, depuis sept ans, le président et les siens proclament à longueur de visites leur attachement à Marseille, ces révélations résonnent comme une forfaiture, une trahison, un mensonge d’État pour les Marseillais et les Provençaux. Ceux-ci, comme tous les Français, ont plus que jamais besoin d’ordre et d’autorité. Avec ma collègue Gisèle Lelouis nous avions proposé, il y a plusieurs mois, un plan Marseille en ordre, autrement plus concret et efficace que le plan Marseille en grand – je le tiens à votre disposition.

Les Marseillais et les Provençaux n’attendent plus des paroles mais des actes. Alors, monsieur le ministre de l’intérieur, agissez ! Maintenant ! (M. Sébastien Delogu s’exclame.) Agissez en mémoire de Socayna Jean, étudiante de 24 ans, tuée d’une balle perdue alors qu’elle révisait ses examens dans sa chambre. Faites-le en mémoire de Nessim Ramdane, père de famille et chauffeur de VTC, dont l’assassin n’avait que 14 ans ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur plusieurs bancs du groupe UDR.)

Mme la présidente

La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

M. Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur

Nous avons reçu il y a quelques heures le rapport de la Cour des comptes que vous évoquez et nous allons l’expertiser, chiffre après chiffre : nous en tirerons les leçons.

Vous avez raison, les Marseillais, comme les Français,…

M. Jean-Paul Lecoq

Ce sont les mêmes !

M. Bruno Retailleau, ministre

…souhaitent que l’ordre républicain règne.

Il y a quelques heures, je me suis entretenu avec les trois policiers qui ont été blessés il y a quelques jours à La Castellane. À chaque fois qu’un gendarme ou qu’un policier est blessé, je le contacte pour m’assurer que les soins sont prodigués et attester de notre soutien.

M. Thibault Bazin

Très bien !

M. Bruno Retailleau, ministre

S’agissant des chiffres, permettez-moi de rappeler qu’à partir de septembre 2022, trois compagnies de CRS ont été affectées à Marseille, afin de renforcer le dispositif de sécurité. Ensuite, à la fin de l’année 2023, une compagnie de CRS de nouvelle génération, la CRS 81, qui repose sur le modèle de la CRS 8, de notoriété publique, a été déployée. Nouvelle génération, parce que ces compagnies sont très affûtées face aux violences urbaines et aux actions de haute intensité.

M. Ugo Bernalicis

Oui, mais les CRS ne font pas d’investigation !

M. Bruno Retailleau, ministre

Autrement dit, nous avons engagé dans un premier temps des renforts à hauteur de 180 policiers, auxquels il convient d’ajouter désormais la CRS 81.

J’ai également décidé, lorsque les différentes promotions sortiront des écoles de police, d’affecter soixante-quinze jeunes gardiens de la paix supplémentaires.

M. Ugo Bernalicis

Ce n’est pas ce qu’il faut !

M. Bruno Retailleau, ministre

Certes, la question des effectifs est importante. Toutefois, elle ne suffira pas à régler le problème du narcobanditisme. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Permettez-moi, à cet égard, de saluer les policiers marseillais qui ont conduit le patron du clan Yoda en prison.

Avec mon collègue ministre de la justice, je me rendrai prochainement à Marseille. Nous devons faire de la lutte – de la guerre, même, oserai-je dire –, contre le narcotrafic et le narcobanditisme une cause nationale, comme cela a été fait il y a dix ans en matière de terrorisme. Ne doutez pas un seul instant de notre détermination. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

M. Thibault Bazin

Très bien !