Redressement des comptes publics
Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 18 janvier 2022 — question n°6
M. le président
La parole est à M. Laurent Saint-Martin.
M. Laurent Saint-Martin
Dimanche dernier, le ministre délégué chargé des comptes publics a annoncé que le déficit public serait finalement proche de 7 % en 2021 – un niveau certes élevé, mais bien inférieur à ce que craignaient tous les économistes il y a encore quelques mois. C’est un résultat très encourageant. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
M. Michel Herbillon
C’est mieux que si c’était pire !
M. Laurent Saint-Martin
Avec humilité mais détermination, il nous faut regarder la réalité en face : cette amélioration n’est en rien le fruit du hasard. Elle s’explique principalement parce que l’économie repart plus fort et plus vite – plus vite qu’avant et qu’ailleurs. C’est le résultat de choix politiques audacieux et assumés, à commencer par la politique du « quoi qu’il en coûte » et le plan de relance.Non, chers collègues, en aucun cas nous ne « cramons la caisse » ; c’est même tout le contraire. Nous sauvons et renforçons notre économie et nos emplois, tout en baissant les impôts et en maîtrisant les comptes publics. C’est ce même constat qu’a dressé Paul Krugman, lauréat du prix Nobel, et c’est une leçon à retenir sur tous les bancs en matière de gestion de crise – une situation que beaucoup d’entre vous ont connue dans le passé. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
Mme Frédérique Meunier
Et la Cour des comptes, qu’est-ce qu’elle a dit ?
M. Laurent Saint-Martin
Nous démontrons ainsi que la protection de nos concitoyens et l’investissement dans leur avenir n’est en rien incompatible avec la bonne et rigoureuse tenue de nos comptes publics. Ces résultats dessinent d’ailleurs une croissance potentielle renforcée, elle-même susceptible de réduire notre déficit public au cours des prochaines années.Pouvez-vous, monsieur le ministre délégué, nous décrire les ressorts de ces bonnes nouvelles ? (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
Mme Mathilde Panot
Ça va être dur, pour le Gouvernement !
M. Laurent Saint-Martin
Pouvez-vous nous expliquer plus précisément quelle trajectoire de déficit et d’endettement se dessine jusqu’en 2027, par rapport à ce que nous avons présenté pour 2022 ? Comment conforter ces résultats pour que notre économie soit plus florissante, nos emplois plus nombreux et notre modèle social protégé ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM, Dem et Agir ens.)
M. le président
La parole est à M. le ministre délégué chargé des comptes publics.
M. Pierre Cordier
Et Bruno Le Maire, il n’est plus ministre ? On ne le voit plus ! Ah oui, il a un métier, lui !
M. Olivier Dussopt
Un mot d’abord pour confirmer votre constat : l’économie française repart vite, fort, et mieux que dans les pays voisins. La croissance est estimée à 6,7 % au lieu des 6,25 % inscrits dans le projet de loi de finances pour 2022. Avec Bruno Le Maire, nous avons pris l’engagement d’affecter l’intégralité des recettes supplémentaires générées par la croissance à la réduction des déficits. C’est chose faite, et le débat sur l’exécution budgétaire de 2021 permettra cette semaine de constater un déficit proche de 7 %, alors que nous avions prévu 8,2 % : en clair, si au cœur de la crise, en 2020, nous enregistrions un déficit lourd de 9 %, conséquence du « quoi qu’il en coûte », le déficit sera de 7 % en 2021 et de 5 % en 2022.
M. Pierre Cordier
Quand tu étais au PS, tu disais l’inverse !
M. Olivier Dussopt
J’ai l’habitude, monsieur Cordier, que la politesse ne soit pas votre fort (« Et la loyauté n’est pas le vôtre ! » et autres exclamations sur les bancs du groupe LR),…
M. Pierre Cordier
Je ne suis peut-être pas poli, mais je suis fidèle !
M. Olivier Dussopt
…mais je revendique devant vous l’efficacité de la politique économique que conduit le Gouvernement et la qualité des résultats que nous obtenons et, du même coup, votre condamnation à l’impuissance ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.) Ces bons résultats budgétaires, mesdames et messieurs de la majorité, sont avant tout le fruit de vos votes et de votre soutien au Gouvernement. Grâce au plan de relance et au plan d’investissement, les déficits sont moins importants que prévu. La diminution du déficit public est liée pour deux tiers à l’augmentation des recettes, notamment l’impôt sur les sociétés et la TVA, et pour un tiers au pilotage des dépenses.Conclusion : la politique budgétaire qui est la nôtre, et que vous soutenez, est au service de l’économie, permet à notre pays de se redresser et démontre que notre choix de faire face à la dette par la croissance est le bon, et que nous sommes capables de tenir les comptes tout en finançant nos priorités. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et Dem.)