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Situation dans les écoles

Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 18 janvier 2022 — question n°1

mesures sanitaires dues au covid-19 ?école ?

M. le président

La parole est à Mme Virginie Duby-Muller.

Mme Virginie Duby-Muller

Monsieur le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, votre gestion de la crise sanitaire à l’école vire au fiasco et nous interroge quant à la légèreté avec laquelle vous l’abordez.

M. Maxime Minot

On est mieux à Ibiza, hein !

Mme Virginie Duby-Muller

Depuis plus de quinze jours, les professeurs et les équipes éducatives sont déboussolés, les collectivités sont dépassées, les parents sont excédés, les élèves sont à bout. Que dire de votre protocole initial présenté la veille de la rentrée scolaire ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) Votre faute politique n’est pas d’avoir pris des vacances, mais de ne pas avoir fait vos devoirs de vacances en présentant votre protocole plus tôt et de manière concertée. Que dire de vos consignes incompréhensibles et inapplicables qui ont mis les parents et leurs enfants dans des situations intenables les obligeant, par manque de tests, à faire des queues interminables devant les pharmacies ? Que dire enfin de vos injonctions contradictoires et de vos changements de pied permanents ?

M. Pierre Cordier

Eh oui, y en a marre !

Mme Virginie Duby-Muller

Les parents, dont je fais partie, s’arrachent les cheveux pour suivre tant bien que mal un protocole remplacé par un nouveau le lendemain, puis un troisième le surlendemain. Comment ne pas céder au découragement quand plus personne n’y comprend rien ?Vous avez perdu la confiance des professeurs qui ont participé, jeudi dernier, à une grève aussi massive qu’inédite pour dénoncer, aux côtés des parents d’élèves, la complexité des règles en vigueur.

M. Pierre Cordier

Prends ta retraite, Blanquer !

Mme Virginie Duby-Muller

Le Premier ministre a même dû vous désavouer pour tenter de rétablir la situation. Malgré des avancées, la situation reste très précaire et je suis particulièrement inquiète pour les enfants qui n’en peuvent plus.Personne ne dit que la situation est facile, personne.

M. Sylvain Maillard

Ben si !

Mme Virginie Duby-Muller

Cependant, pourquoi avoir abordé la situation de façon aussi désinvolte ? Pourquoi avoir mis tant de temps à distribuer des masques FFP2, à fournir des autotests gratuits, à simplifier les protocoles ? Pourquoi avoir tant tardé à suivre des recommandations que les députés Les Républicains vous faisaient depuis des mois ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)

M. le président

La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports.

M. Jean-Michel Blanquer

Vous m’interrogez sur la crise sanitaire. En premier lieu, vous avez raison de souligner que nous sommes dans un moment difficile, ne l’oublions jamais. Le variant omicron nous a posé de nouveaux problèmes, comme aux autres pays d’Europe. J’ai eu l’occasion de faire la chronologie de ce qui s’est passé. Vous savez que, depuis la semaine dernière, avec le Premier ministre et le ministre de la solidarité et de la santé, nous avons reçu les organisations syndicales. Les choses, loin d’empirer, sont en train de s’organiser, toujours plus et mieux, dans la difficulté, bien sûr, en France comme ailleurs, mais avec une chose que nous réussissons en France et qui est moins réussie ailleurs : la politique de l’école ouverte (« Très bien ! » et applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et Dem.) Nous espérons tous évidemment sortir de cette crise bientôt.Il ne m’a pas échappé qu’au-delà de l’attaque sur la politique, il y a eu aussi une attaque sur ma personne, notamment sur mes vacances.

Un député du groupe SOC

Ce n’est pas une attaque !

M. Jean-Michel Blanquer

Premièrement, avais-je le droit de prendre quelques jours de congé après cette année ?

Un député du groupe LaREM

Oui !

M. Raphaël Schellenberger

Ce n’est pas la question !

M. Jean-Michel Blanquer

Deuxièmement, y a-t-il des réunions ou des choses que je devais faire pendant cette période et que je n’ai pas faites à cause de cela ?

M. Raphaël Schellenberger

Oui !

M. Jean-Michel Blanquer

Non, bien sûr !Troisièmement, les décisions auraient-elles été différentes…

M. Raphaël Schellenberger

Oui !

M. Jean-Michel Blanquer

…si j’avais été ailleurs ? Non plus.Il y a, je le reconnais, une symbolique. Il se trouve que j’aurais dû sans doute choisir un autre lieu que celui que j’ai choisi. La symbolique, je la regrette, mais pour le reste, depuis deux ans, avec la majorité, avec mes équipes, avec tous les professeurs de France nous tenons la politique de l’école ouverte. C’est cela qui est essentiel. Ne nous perdons pas dans l’accessoire ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)