Ségur de la santé
Assemblée Nationale — Questions au gouvernement — 12 octobre 2021 — question n°9
M. le président
La parole est à M. Pierre Morel-À-L’Huissier.
M. Pierre Morel-À-L’Huissier
Je tiens tout d’abord à saluer notre collègue Olivier Falorni et à le remercier de ses propos en hommage au professeur Samuel Paty. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LT. – M. Meyer Habib applaudit aussi.) La revalorisation salariale prévue par le Ségur de la santé a permis d’envoyer un signal fort à de nombreux soignants qui ont été et sont toujours en première ligne pendant la crise sanitaire.La revalorisation salariale pour tous les personnels hospitaliers, soignants, techniciens comme administratifs, de 183 euros nets mensuels, est entrée en vigueur fin 2020.Au fil des mobilisations du secteur, cette revalorisation a été étendue aux EHPAD de la fonction publique territoriale, ainsi qu’aux EHPAD privés, soit 18 500 personnes.Néanmoins les professionnels sociaux et médico-sociaux des secteurs du handicap, de l’aide à domicile et de la protection de l’enfance sont toujours exclus du Ségur.Nous sommes aujourd’hui face à une nébuleuse de conditions, provoquant légitimement frustration, détresse et incompréhension. Certains touchent d’ores et déjà la prime, d’autres la toucheront grâce au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2022, mais d’autres en sont privés.Cette situation crée une discrimination entre agents et instaure une concurrence entre établissements. Les agents exclus de la prime s’en vont et sont employés dans des structures éligibles.Or le secteur médico-social fait face à une pénurie inédite de personnel et peine à recruter.Monsieur le ministre de la santé, pouvez-vous dresser un état des lieux de cette prime et nous assurer que l’ensemble des agents y seront éligibles ? Pouvez-vous nous garantir que la compensation financière en faveur des départements et de toutes les structures employeurs sera totale ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I.)
M. Paul Molac
Très bien !
M. le président
La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles.
M. Adrien Taquet
Il est difficile de résumer en deux minutes tous les apports du Ségur de la santé. Je ne rappellerai pas les grands principes ni les grands montants, même s’il s’agit tout de même de 19 milliards d’euros pour les hôpitaux et les EHPAD et de 9 milliards supplémentaires dédiés au financement des revalorisations salariales.Je parlerai concrètement de ce qui a changé dans le quotidien des professionnels de santé afin de répondre aux deux questions posées. Je rappelle que 172 communautés territoriales de santé sont en fonctionnement et que 1 889 maisons de santé ont été créées sur le territoire grâce à cela. Une revalorisation de 183 euros nets par mois a été accordée à plus de 1,5 million de membres du personnel des hôpitaux et des EHPAD depuis la fin de l’année 2020, elle peut atteindre 290 euros par mois pour une infirmière en début de carrière.
Plusieurs députés du groupe LR
La réponse !
M. Adrien Taquet
Je rappelle également le déploiement de la prime d’engagement collectif, sur la base de projets d’équipes, pour améliorer la qualité, la sécurité des soins, l’expérience des usagers ou la prise en charge en ambulatoire. Ce dispositif s’articule avec la création de 15 000 emplois sur trois ans et la restauration de marges de manœuvre dans l’organisation du temps de travail. Près de 1 milliard d’euros sera délégué aux agences régionales de santé sur trois ans pour l’application de ces mesures.Par ailleurs, le PLFSS pour 2022 investit 2 milliards supplémentaires pour étendre le Ségur de la santé à d’autres professionnels. En outre, 650 millions d’euros de plus vont être investis pour revaloriser les grilles salariales et renforcer l’attractivité du secteur médico-social.Le Gouvernement n’oublie pas les autres professions ou secteurs qui ont démontré leur engagement pendant la crise, mais dont le financement relève principalement des départements. Les travaux que nous avons annoncés se poursuivent en concertation avec les autres financeurs, notamment les départements. Nous avançons, conscients des attentes et soucieux d’y répondre le plus efficacement possible.
M. le président
La parole est à M. Pierre Morel-À-L’Huissier.
M. Pierre Morel-À-L’Huissier
La complexité du dispositif n’est pas de notre fait, mais du vôtre. On vous demande de clarifier les choses !